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Les aptitudes visuelles pour piloter les avions.


« Est-ce que je pourrais devenir pilote d’avion avec ma vision ? » Vous entendez parfois cette question ? Grâce à cet article, vous pourrez répondre à vos patients !


Les aptitudes visuelles nécessaires pour le pilotage dépendent du type de licence (privée ou professionnelle).


Classe 1 : licence de pilote professionnel (licences CPL , MPL , ATPL) et pilote privé avec qualification pour le vol aux instruments (PPL + IFR)

- Acuité visuelle : l’acuité visuelle est mesurée avec ou sans correction. Elle doit être ≥ 7/10° en monoculaire et ≥10/10° en binoculaire en vision de loin, et ≥ P2.5 à 40 cm (+/-10cm) et ≥P8 à 1m avec ses lunettes si besoin. Il y a donc 3 distances mesurées : la vision de loin, la vision à 1m et la vision de près. Si l’acuité visuelle sans correction n’est pas dans ces normes, le port de lunettes ou de lentilles est obligatoire, avec une paire de lunettes de secours à portée de main. Il est interdit d’avoir besoin de changer de lunettes pour voir de près : pour les presbytes, le port de verres progressifs est donc obligatoire. Les lentilles, elles, doivent être monofocales (donc pas de lentilles pour les presbytes). Des dérogations peuvent être accordées par l’autorité de délivrance des licences si un des 2 yeux a une vision inférieure à 7/10.


- Réfraction : L’amétropie doit se situer entre -6.00d et +5.00d, avec un astigmatisme ≤2d et une anisométropie ≤2d. Des dérogations peuvent être obtenues si ces valeurs sont dépassées (en particulier en corrigeant par lentilles les anisométropies)


- Champ visuel : Le champ visuel doit être normal sur chaque œil. En cas de doute, un champ visuel OD + un champ visuel OG est effectué (un champ visuel binoculaire est donc insuffisant)


- Vision des couleurs : Le test d’Ishihara doit être normal. En cas de doute, on teste à l’anomaloscope. Un test de vision des couleurs anormal entraîne une inaptitude au pilotage professionnel.


- Hétérophories :

  • En vision de loin, les hétérophories maximales sont de 2D pour une hyperphorie, +10D pour une ésophorie, -8D pour une exophorie.

  • En vision de près, il ne faudra pas dépasser : 1D pour une hyperphorie, +8D pour une ésophorie, -12D pour une exophorie.

Il peut y avoir des dérogations si, après examen orthoptique, les amplitudes de fusion sont suffisantes pour prévenir l’asthénopie et la diplopie.


- Strabisme : Une vision binoculaire normale au TNO est demandée (rien n’est précisé sur les strabismes corrigés par prismes avec vision binoculaire normale.)


- Diplopie : La diplopie est incompatible avec le pilotage.


- Chirurgie : Après une chirurgie (cataracte, glaucome par exemple), en cas de stabilité et après examen ophtalmologique, le pilotage pourra être autorisé. Après chirurgie réfractive, la réfraction pré-opératoire devra être dans les normes décrites dans « réfraction ».


- Kératocone : Un kératocone bien corrigé par lentilles pourra être compatible avec le pilotage après avis de l’autorité de délivrance des licences.



Classe 2 : licence pilote privé (licence PPL) licence de pilote planeur ou ballon, privé ou professionnel (SPL, BPL )


Les normes à respecter sont les mêmes que pour la classe 1, sauf en ce qui concerne l’acuité visuelle et la vision de couleurs.


- Acuité visuelle : : l’acuité visuelle est mesurée avec ou sans correction. Elle doit être ≥ 5/10° en monoculaire et ≥7/10° en binoculaire en vision de loin, et ≥ P2.5 à 40 cm (+/-10cm) et ≥P8 à 1m avec ses lunettes si besoin

- Vision des couleurs : En cas d’échec au test d’Ishihara, seul le vol de jour sera autorisé





D’après le Règlement (UE) n o 1178/2011 de la Commission du 3 novembre 2011

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